Browsing Category
Culture
115 posts
Celles qui ont parlé les premières : EXCISION
En 1997, au sommet d'une carrière de mannequin, une Somalienne de trente-deux ans raconte à un magazine ce qu'on lui a fait à cinq ans. Vingt-neuf ans plus tard, l'excision se pratique encore dans quatre-vingt-quatorze pays et un député gambien demande à la Cour suprême de son pays de la relégaliser. Entre les deux, ce ne sont pas des institutions qui ont ouvert le dossier. Ce sont des femmes qui avaient d'abord subi.
Flacko cram annonce l’arme et livre le code
Deuxième single en son nom propre, paru le 26 juin 2026 sous Mboka production, « LA M OU LE G » tient en deux minutes quarante-six ce que son titre ne laissait pas prévoir. La machette ou le glock, dit l'intitulé. Le texte, lui, ne parle que de franchise, de labour quotidien et de tenue.
Laetitia Ky rend la parole aux cheveux
Chaque sculpture qu'elle porte sur la tête, vingt minutes de travail parfois, six heures d'autres fois, est démontée le soir même. Ce qui subsiste n'est jamais l'objet, seulement son image. On croit regarder une performeuse née des réseaux sociaux ; on observe une sculptrice dont le matériau repousse, et qui a rendu à la coiffure africaine une fonction qu'elle avait perdue depuis longtemps : dire quelque chose.
Jacques Loubelo fait l’appel
Enregistré, gravé et pressé à Brazzaville en 1984 dans l'usine du label d'État, Congo est devenu le second hymne d'un pays qui ne l'a jamais décrété. Le discours d'unité nationale consiste presque toujours à effacer les appartenances. Loubelo procède exactement à l'inverse : il les énumère à voix haute, une par une, et c'est de cette énumération qu'il tire la nation.
NAËK demande la permission de disparaître.
Paru le 10 juillet 2026 sur MOKÒ RECORDS, le deuxième single de NAËK porte le titre le plus rebattu du répertoire populaire, celui de l'obstacle que l'on gravit pour prouver de quoi l'on est capable. Ici, la montagne n'est pas un sommet à conquérir, c'est un endroit où l'on monte pour que plus personne ne vous trouve.
DJ Arafat, quinze noms pour une seule vie
Sept ans après le 12 août 2019, portrait d'Ange Didier Houon, l'enfant de Yopougon devenu roi du coupé-décalé, et d'un héritage que personne n'arrive encore à administrer. Arafat Muana. Arafat DJ 3500 volts. Yôrôbô 5500 volts. Apache 8500 volts. Sao Tao le Dictateur. Commandant Zabra. Beerus Sama. Zeus d'Afrique. Ave César. Daïshikan.
Agolo : Angélique Kidjo frappe à une porte que personne n’ouvre
Écrite en 1993 par une femme enceinte de six mois qui venait de comprendre que les saisons ne tenaient plus, la chanson est devenue en quelques mois l'un des plus grands succès de danse du continent. Le monde a repris le refrain sans jamais demander ce qu'il voulait dire.
Femme commerçante : M’Pongo Love ne pleure avec personne
Enregistré en 1982 sous Safari Ambiance, le titre est devenu à Kinshasa un classique qu'on ressort chaque mois de mars. La lecture est confortable et elle rate l'essentiel : ce morceau ne célèbre rien, il donne des consignes.
Raykaa, la blessée de guerre qui aime à voix basse
Troisième titre de Miziki (The Mixtape), projet de quatre morceaux paru le 25 juillet 2026 sous Royaume Kongo Records, « Ekenge » emprunte au lingala un mot de survie : vigilance, prudence. Raykaa y raconte une femme qui aime encore, qui ne sait plus se donner, et qui demande à être comprise avant d'être jugée.
Maman : Zakalara chante la victoire arrivée trop tard.
Cinquième titre de Lumière, premier EP du chanteur kinois paru le 20 février 2026, « Maman » raconte en quatre minutes seize l'histoire d'Akim et de Fatouma. Une mère qui s'épuise pour la scolarité de son fils unique, un fils qui finit par gagner, et une absence qui rend cette victoire muette. Le clip, mis en ligne le 20 juin, a donné des visages à ce récit que Kinshasa connaissait déjà par cœur.