Miguel Masaisai n’est pas mort sur son vélo.

Parti de Goma le 1er mai 2026 pour relier Rabat au nom de la paix dans l’Est de la RDC, le cycliste de 23 ans a été tué le 18 septembre près de Ouesso, dans le nord du Congo-Brazzaville, tout près du Cameroun. Ici, la route n’a pas fait chuter un coureur : elle a emporté un passager de taxi, parti faire réparer le vélo qui portait son message.
Miguel Masaïsaï, a 23-year-old Congolese professional cyclist, triathlete, and peace advocate from Goma, died in a tragic road accident on Friday, September 18, 2026.

DESCENDU DE SELLE

L’accident survient le vendredi 18 septembre dans l’après-midi, à Kabos, à environ neuf kilomètres de Ntam, sur la frontière entre le Congo et le Cameroun. Son vélo est en panne ; pour rejoindre un endroit où le faire réparer et reprendre sa route, Miguel Masaisai monte dans un taxi qui transporte déjà deux autres passagers. D’après le président de la ligue de cyclisme du Nord-Kivu, qui a joint des habitants de Ouesso, le véhicule est percuté par un camion. Chauffeur compris, les quatre occupants meurent. L’homme qui venait de traverser deux pays à la force des jambes est mort assis, sur une route qu’il ne pouvait plus pédaler.

Le reste tient encore en pointillés. Ce qui s’est exactement passé n’est pas encore établi, et les versions ne se recouvrent pas tout à fait : un diplomate de la RDC en poste à Brazzaville, cité par l’ACP, parle d’un gros véhicule qui aurait heurté le cycliste. Les victimes arrivent à la morgue de Ouesso à 23 h 07. Le corps, gravement mutilé, est identifié grâce à son passeport, à près de mille kilomètres de Brazzaville. Parmi les effets récupérés figurent son vélo, ses sandales et sa carte photo. Le vélo qu’il voulait faire réparer est revenu sans lui.

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