On la croit dispersée, Leslie Luyindula est simplement multipotentielle.

Née en France, fière de racines qu’elle dit profondément congolaises et angolaises, Leslie Luyindula Nsona défile depuis 2019, pose pour l’agence Kabs Models et vient de fonder The Slay Studio. Entre un poste en service clientèle au Portugal et une carrière conduite sur ses heures libres, elle a fait de l’image un métier à double sens : celle qu’elle incarne sur les podiums, celle qu’elle construit désormais pour les autres.
Leslie Luyindula est une créatrice de contenus, mannequin et spécialiste en communication et stratégie de marque

UN NOM, DEUX TERRES, UNE TAILLE

Leslie Luyindula Nsona se présente d’abord par son nom, et elle prend soin d’en préciser la nature : c’est son matronyme. Le mot n’a rien d’une coquetterie d’état civil. Il désigne le nom reçu par la lignée maternelle et place celle qui le porte dans une filiation qu’elle revendique avant toute fonction, avant tout titre. Née en France, elle refuse que ce lieu de naissance fasse frontière : elle se dit fière de ses origines, de son histoire et de ses racines profondément congolaises et angolaises. Deux terres voisines que l’ancien Royaume Kongo embrassait déjà, et qu’une seule biographie suffit aujourd’hui à réunir.

Dans sa famille, le corps a été nommé bien avant la carrière. Les proches n’ont jamais cessé de le lui répéter : « Mannequin na biso, na taille na yo », autrement dit « notre mannequin, avec la taille que tu as ». On l’appelait aussi « demolayi », celle qui est grande en lingala, ou plus simplement « des longues jambes ». Ce qui ressemblait à une taquinerie familiale était en réalité une prophétie, formulée dans la langue de la maison et transmise à force de répétition. La vocation est ainsi venue du dehors avant de devenir intime : d’autres l’ont vue mannequin longtemps avant qu’elle ne décide de leur donner raison.

DE LA PREMIÈRE ÉDITION À L’ÉCOLE DE LA MARCHE

Le premier pas date de 2019. Leslie Luyindula Nsona s’aventure cette année-là sur la toute première édition du Christian Showroom, et la coïncidence a valeur de symbole : un événement qui naît et une mannequin qui débute partagent la même ligne de départ. Depuis, elle ne s’est plus arrêtée. Ce qui n’était qu’une phrase répétée au sein de la famille est devenu une pratique, puis un engagement tenu saison après saison. Elle est aujourd’hui mannequin pour l’agence Kabs Models, preuve que la prophétie familiale a trouvé, hors du cercle des siens, des regards professionnels pour la confirmer.

Le tournant tient dans une rencontre. Elle a été coachée par Vincent Mc Doom, mannequin emblématique et figure médiatique, celui qu’elle désigne comme un « Maître Marcheur » et qui, après avoir travaillé avec les plus grands noms de l’industrie et des agences de renom, accompagne désormais des mannequins en devenir. Auprès de lui, la démarche cesse d’être un don de la nature pour devenir une écriture qui s’apprend, faite de rythme, d’appui et de présence. Ces conseils lui ouvrent des podiums : grâce à lui, elle marche pour Manon Gauthier et pour Julien Paoletti, jeune créateur dont la collection printemps-été 2027 a été présentée en octobre pendant la Fashion Week de Paris. Ze défilé relève d’une autre histoire : un événement distinct, auquel elle a contribué indépendamment de ces deux défilés, et qui reste à ce jour son dernier podium en date. La longue silhouette que sa famille saluait a trouvé sa grammaire.

Leslie Luyindula, vêtue d’une robe rouge, lors du défilé L’Éternel de Manon Gauthier.

DE L’AUTRE CÔTÉ DE L’OBJECTIF

Elle se définit comme multipotentielle, et le terme décrit moins une dispersion qu’une circulation. Au quotidien, Leslie Luyindula Nsona travaille dans le service clientèle au Portugal ; sur son temps libre, elle défile, pose et crée du contenu. Titulaire d’un master en Marketing et Communication, elle tient ensemble des savoirs que l’on croit volontiers étrangers les uns aux autres. Écouter les attentes d’un client, incarner un vêtement devant un objectif, rendre un message lisible pour un public : chaque fois, il s’agit de comprendre comment l’on est perçu. Sa passion déclarée pour la mode, le mannequinat, l’art et l’image ne forme donc pas une liste de centres d’intérêt, mais un seul et même territoire, arpenté par plusieurs entrées.

C’est de ce territoire qu’est né The Slay Studio, l’activité qu’elle a récemment lancée. Le nom emprunte à l’anglais « to slay », qui dit l’art de triompher avec éclat, et il annonce le programme : accompagner des porteurs de projet et des personnalités publiques en devenir, rendre leur activité visible par la création de contenu et leur garantir une belle présence sur les plateformes numériques. Le mouvement s’inverse alors. Celle qui a appris, sous l’œil de sa famille puis de son coach, à soutenir les regards met désormais cette science au service des autres. Après avoir appris à être regardée, Leslie Luyindula Nsona apprend aux autres à se faire voir, et la phrase de la famille trouve là son sens le plus juste : être grande, finalement, c’est aussi savoir élever ceux que l’on accompagne.

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Là où la guerre effaçait, Eliam Mupipi fait danser les murs.

Né à Goma et aujourd'hui installé à Kinshasa, Eliam Mupipi, alias ELIAM ARTIST, mène une pratique où la peinture, le street art et l'architecture procèdent d'un même geste. Des conflits qui ont marqué l'Est du Congo, il n'a pas fait un regard mais un matériau : celui d'une mémoire africaine qu'il réactive, mur après mur, dans le langage visuel de sa génération.
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