Browsing Category
Musique
51 posts
Antidote : Ariel Kabuya sait ce qui le tue, et il en redemande.
Sorti le 11 septembre 2026 sous distribution Ditto Music, « Antidote » installe Ariel Kabuya dans une confession Afro-R&B où la personne aimée est à la fois la maladie et le seul traitement imaginable. Premier jalon d'un projet à venir, le single condense ce que le chanteur kinois construit depuis « Charo » : une écriture amoureuse qui refuse la posture, assume la contradiction et préfère la lucidité au réconfort.
Longembo : Jean Goubald commence par accuser l’étranger et finit par accuser l’Afrique
Écrite en 2006, chantée par Jean Goubald lui-même avant d'être confiée à Papa Wemba, la chanson s'ouvre sur un champ piétiné et se referme sur une chauve-souris. Entre les deux, Jean Goubald Kalala pose un diagnostic que la rumba formule rarement aussi crûment : le continent a lâché l'héritage des anciens sans avoir vraiment gagné le Livre venu d'ailleurs.
Verckys n’a jamais douté de Dieu, il a mis en cause son portrait.
En 1972, un saxophoniste de vingt-huit ans enregistre une chanson qui ne conteste rien, ne blasphème rien, n'affirme rien. Elle se contente de poser une question. L'Église catholique y répondra par l'excommunication, et le régime de Mobutu par une diffusion en boucle sur les ondes nationales. Cinquante ans plus tard, dans un pays que sa Constitution déclare laïc et que ses rues déclarent croyantes chaque dimanche matin, la question n'a toujours pas reçu de réponse.
Makolo ya Massiya : Carlyto Lassa n’a pas chanté Dieu, il a chanté Kinsala.
Neuf minutes et onze secondes, en ouverture de l'album Africa na Moto publié par Syllart Records en 1996. Depuis la mort de Carlyto Lassa, lundi 31 août 2026 à Cincinnati, les nécrologies rattachent le titre à sa période chrétienne. Le texte dit tout autre chose : une femme qu'on lui a prise contre de l'argent, Judas convoqué à la barre, et une douleur que le chanteur compare aux pieds cloués du Messie. Le pasteur viendra après. La chanson, elle, appartient encore au monde.
Sur Holy God, Bantu B ne demande pas la chute de ses ennemis.
Sorti le 27 mai 2026 en distribution exclusive Mukongo Business, le single de l'artiste kinois Bantu B pose une prière en lingala sur trois minutes d'afrobeat. Le geste central du texte est un renversement : au lieu de livrer ses adversaires au jugement divin, l'artiste les fait entrer dans la demande de bénédiction.
ELYGHA rompt à la place d’une autre.
Sorti le 14 février 2026, jour de la Saint-Valentin, Amour intérêt n'est ni une chanson d'amour ni tout à fait une chanson de rupture. C'est une chanson de conseil. Un homme y écrit au féminin, dit « je » à la place d'une femme, puis se retourne pour s'adresser à elle.
C2B rappe depuis le mot que Kinshasa allume chaque matin
Paru le 23 mai 2025 sous licence Cramcity Entertainement, le morceau porte le nom d'une adresse que personne, à Kinshasa, n'a besoin de se faire situer. Il porte d'abord celui du charbon de bois, le makala que la ville entière achète pour cuire son repas. Deux minutes suffisent à C2B pour rappeler que le même mot désigne ce qui nourrit la capitale et l'endroit où elle consume les siens.
Flacko cram annonce l’arme et livre le code
Deuxième single en son nom propre, paru le 26 juin 2026 sous Mboka production, « LA M OU LE G » tient en deux minutes quarante-six ce que son titre ne laissait pas prévoir. La machette ou le glock, dit l'intitulé. Le texte, lui, ne parle que de franchise, de labour quotidien et de tenue.
Jacques Loubelo fait l’appel
Enregistré, gravé et pressé à Brazzaville en 1984 dans l'usine du label d'État, Congo est devenu le second hymne d'un pays qui ne l'a jamais décrété. Le discours d'unité nationale consiste presque toujours à effacer les appartenances. Loubelo procède exactement à l'inverse : il les énumère à voix haute, une par une, et c'est de cette énumération qu'il tire la nation.
NAËK demande la permission de disparaître.
Paru le 10 juillet 2026 sur MOKÒ RECORDS, le deuxième single de NAËK porte le titre le plus rebattu du répertoire populaire, celui de l'obstacle que l'on gravit pour prouver de quoi l'on est capable. Ici, la montagne n'est pas un sommet à conquérir, c'est un endroit où l'on monte pour que plus personne ne vous trouve.