Noah Lunsi et les nzonzi : former n’est pas transmettre.

Lors d’un live, Noah Lunsi a proposé de former la relève des nzonzi, ces porte-parole sans qui aucun mariage coutumier kongo ne se conclut. Son idée : réunir dix sages pour faire du kinzonzi un programme pédagogique destiné à la diaspora, et un marché. Le constat est juste. Mais une tradition qui se transmet par le lignage et par la langue peut-elle survivre à la salle de classe ? Au Congo même, des Luba aux Tetela et des Bangala aux Lega, comme du pays akan au Burundi, d’autres peuples ont déjà affronté la question.
Noah Lunsi, de son vrai nom Arnaud Lunsi Dyakama, est un humoriste, créateur de contenu et chanteur franco-congolais.

DIX SAGES POUR SAUVER LA PAROLE

Noah Lunsi part d’un constat que toute famille kongo de la diaspora a déjà vécu. Le jour du mariage coutumier, il faut un nzonzi, et on le cherche souvent en catastrophe. Ceux qui maîtrisent cet art vieillissent, et personne ne se prépare à prendre leur place. Le vide n’est pas lointain, il est imminent. Là où d’autres y verraient une fatalité, l’influenceur et entrepreneur franco-congolais y voit une opportunité : un besoin qui ne disparaîtra pas, donc un marché d’avenir.

Sa proposition est concrète. Sélectionner dix sages parmi les plus expérimentés, leur demander de formaliser leur savoir, et en tirer un programme de formation destiné aux jeunes, en particulier ceux qui vivent en Europe et en Amérique du Nord. Le kinzonzi deviendrait un cursus, et le nzonzi un métier qui s’apprend. L’idée a deux mérites évidents. Elle nomme un problème que la communauté préfère ignorer, et elle propose d’agir avant que les derniers détenteurs ne disparaissent. Sur le diagnostic, Noah Lunsi a raison.

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