DIX SAGES POUR SAUVER LA PAROLE
Noah Lunsi part d’un constat que toute famille kongo de la diaspora a déjà vécu. Le jour du mariage coutumier, il faut un nzonzi, et on le cherche souvent en catastrophe. Ceux qui maîtrisent cet art vieillissent, et personne ne se prépare à prendre leur place. Le vide n’est pas lointain, il est imminent. Là où d’autres y verraient une fatalité, l’influenceur et entrepreneur franco-congolais y voit une opportunité : un besoin qui ne disparaîtra pas, donc un marché d’avenir.
Sa proposition est concrète. Sélectionner dix sages parmi les plus expérimentés, leur demander de formaliser leur savoir, et en tirer un programme de formation destiné aux jeunes, en particulier ceux qui vivent en Europe et en Amérique du Nord. Le kinzonzi deviendrait un cursus, et le nzonzi un métier qui s’apprend. L’idée a deux mérites évidents. Elle nomme un problème que la communauté préfère ignorer, et elle propose d’agir avant que les derniers détenteurs ne disparaissent. Sur le diagnostic, Noah Lunsi a raison.


