UNE VOIX EN 1997
Waris Dirie naît en 1965 dans un campement nomade des environs de Galkayo, sixième d’une fratrie de douze. On la coupe à cinq ans. À treize, son père l’échange contre cinq chameaux à un homme d’une soixantaine d’années ; elle traverse le désert à pied jusqu’à Mogadiscio, puis atterrit à Londres, où elle passe six années comme domestique à l’ambassade de Somalie, analphabète. Un photographe l’aborde dans la rue. Elle devient l’un des mannequins les mieux payés du monde.
C’est de cette position exacte qu’elle parle. En 1997, elle raconte son excision dans un entretien à Marie Claire. Une femme dont la carrière repose entièrement sur son image choisit de dire ce qu’on a fait à son corps, sans y avoir aucun intérêt et en risquant tout. Kofi Annan la nomme la même année ambassadrice spéciale des Nations unies contre les mutilations génitales, fonction qu’elle occupe jusqu’en 2003. Fleur du désert paraît l’année suivante, se vend à plus de onze millions d’exemplaires en une cinquantaine de langues, devient un film en 2009. Elle fonde la Desert Flower Foundation à Vienne en 2002.