DJ Arafat, quinze noms pour une seule vie

Sept ans après le 12 août 2019, portrait d’Ange Didier Houon, l’enfant de Yopougon devenu roi du coupé-décalé, et d’un héritage que personne n’arrive encore à administrer. Arafat Muana. Arafat DJ 3500 volts. Yôrôbô 5500 volts. Apache 8500 volts. Sao Tao le Dictateur. Commandant Zabra. Beerus Sama. Zeus d’Afrique. Ave César. Daïshikan.
DJ Arafat, de son véritable nom Ange Didier Houon

YOPOUGON, UNE ENFANCE SANS GARDE-FOU

Il naît le 26 janvier 1986 à Yopougon, commune populaire et nocturne du nord-ouest d’Abidjan. Ses deux parents sont musiciens. Son père, Pierre « Wompi » Houon, est instrumentiste et ingénieur du son. Sa mère, Valentine Logbo, connue sur scène sous le nom de Tina Glamour, est une chanteuse à la réputation sulfureuse, régulièrement attaquée dans les années 1990 pour des prestations jugées obscènes. L’enfant grandit donc dans une double héritage : la table de mixage d’un côté, le scandale de l’autre. Il en retiendra les deux.

Sa mère tourne. Le père est peu présent. Livré à lui-même très tôt, Didier traîne dès onze ans avec les bandes du quartier. Son ascendance croise plusieurs peuples de Côte d’Ivoire, Guéré et Agni du côté paternel, Bété et Gouro du côté maternel, et sa fratrie est large : parmi ses demi-frères figure Armand Stéphane Houon, qui deviendra DJ TV3.

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