Vince Staples lève le drapeau blanc pour les fatigués du combat

Sur « White Flag », extrait de son premier album indépendant « Cry Baby », Vince Staples hisse le drapeau de la reddition pour mieux le cribler de balles. Derrière le geste, le procès d’une Amérique qui adore la culture noire et néglige ceux qui la font.
© Vince Staples et Bradley J. Calder
© Vince Staples et Bradley J. Calder

Extrait de Cry Baby, premier album indépendant de Vince Staples, « White Flag » détourne le symbole de la reddition pour faire le procès d’une Amérique qui adore la culture noire et néglige ceux qui la font.

BRANDIR LE DRAPEAU, PUIS LE CRIBLER

Hisser le drapeau blanc, quand on est un rappeur noir de Long Beach, ce n’est pas se rendre. C’est provoquer. Vince Staples le sait, lui qui a donné ce titre à l’un des morceaux de Cry Baby, son septième album, paru le 5 juin 2026 et le premier qu’il signe en indépendant. Le symbole le plus universel de la reddition, il le retourne aussitôt contre lui-même. Le clip, qu’il coréalise, montre la scène. Staples déroule la bannière étoilée, la recouvre de peinture blanche au rouleau jusqu’à n’en laisser que des contours fantômes, puis suspend ce drapeau redevenu vierge et le crible de balles au fusil automatique.

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