Brûler un frère : l’Afrique du Sud et la trahison de l’idéal africain.

Le boeur congolais Roméo Katompa avec sa fille

Dans la nuit du 16 au 17 juillet 2026, Roméo Katompa est mort brûlé vif à Johannesburg. Sa maison a été incendiée alors qu’il s’y trouvait encore. Son corps a été retrouvé dans les cendres. Le boxeur congolais, que le milieu appelait « Bololo » ou « Champion Katompa », avait pour habitude de répondre à ces surnoms par une formule restée célèbre : « Likofi eleki mbasu na douleur », le poing plus douloureux que mbasu, cette maladie redoutée en République démocratique du Congo pour les souffrances qu’elle inflige. Il n’était pas un inconnu de passage. Il vivait en Afrique du Sud depuis des années, marié à une Sud-Africaine, père d’un enfant né sur ce sol. Sur le ring, il avait forgé sa réputation comme sparring-partner de Junior Makabu, ancien champion du monde WBC, et de Martin Bakole, poids lourd redouté des salles de Johannesburg au Royaume-Uni. Un homme intégré, respecté, utile. Un homme que l’Afrique du Sud a laissé mourir dans les flammes, dans un climat où sa seule faute était d’être né de l’autre côté d’une frontière africaine.

La police sud-africaine, au moment où ces lignes s’écrivent, n’a livré aucune version officielle. Les témoignages de la communauté congolaise, eux, sont sans ambiguïté : cette mort s’inscrit dans une vague de violences xénophobes qui ravage le pays depuis des mois. Katompa n’est pas un fait divers. Il est le dernier nom d’une liste que l’Afrique du Sud allonge depuis trente ans.

FUTUMUNA Newsletter
Related Posts
Lire la suite

C’était ça ou mourir : on a brûlé le livre avant de l’ouvrir

Le premier roman de Thélyson Orélien, couronné du Prix Fnac le lundi 21 septembre, raconte un migrant haïtien qui n'a plus le choix qu'entre la route et la mort. Quatre jours après, c'est le livre qui s'est retrouvé face à la même alternative. L'Académie Goncourt l'a sorti de sa sélection en invoquant de vieux plagiats de l'auteur et un soupçon d'intelligence artificielle que personne n'a démontré à ce jour.
Lire la suite

Verckys n’a jamais douté de Dieu, il a mis en cause son portrait.

En 1972, un saxophoniste de vingt-huit ans enregistre une chanson qui ne conteste rien, ne blasphème rien, n'affirme rien. Elle se contente de poser une question. L'Église catholique y répondra par l'excommunication, et le régime de Mobutu par une diffusion en boucle sur les ondes nationales. Cinquante ans plus tard, dans un pays que sa Constitution déclare laïc et que ses rues déclarent croyantes chaque dimanche matin, la question n'a toujours pas reçu de réponse.
FUTUMUNA Newsletter
Choisir la langue