« En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle. » La phrase d’Amadou Hampâté Bâ est si célèbre qu’on en oublie parfois la brûlure. Benjamin Mbenga, lui, ne l’a jamais oubliée. Artiste-peintre congolais, il en a fait non pas une citation d’ouverture mais une raison d’exister : chacune de ses toiles est une manière d’éteindre l’incendie, d’arracher au feu de l’oubli un visage, un regard, une civilisation entière tenue dans le creux d’une ride.
Car il existe, dit-on, deux morts. La première emporte le souffle. La seconde, plus irréversible encore, survient le jour où plus personne ne prononce votre nom, où plus aucun regard ne se souvient d’avoir croisé le vôtre. C’est contre cette seconde mort que Mbenga a choisi de lever son pinceau. Reconnu parmi les cent jeunes espoirs de la République démocratique du Congo en 2022, puis lauréat du Prix LOKUMU des Arts Visuels en 2024, il appartient à cette génération d’artistes qui ne se contentent plus de représenter le monde : ils entreprennent de le sauver.