Cesária Évora, la sodade pour patrie

Cesaria Evora (Thomas Coex AFP)

La diva aux pieds nus fit de la morna, cette musique cap-verdienne du manque et de l’exil, une langue que le monde entier a comprise

Mindelo sentait le sel, le mazout et le rhum de canne quand Cesária Évora y voit le jour, le 27 août 1941. La ville portuaire de l‘île de São Vicente vivait au rythme des bateaux qui partaient et de ceux qui, parfois, ne revenaient pas. C’est dans ce décor de départs que l’enfant apprend très tôt le mot qui deviendra son royaume : sodade, la forme créole de la saudade, ce mélange de nostalgie, de manque et de tendresse que le portugais n’a jamais tout à fait réussi à dire, et que le français encore moins.

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