Enracinés dans l’exil, les Banyamulenge

Des membres de la communauté Banyamulenge lors des funérailles de l’un des leurs dans l’est de la RDC. Alexis Huguet/AFP via Getty Images

TOUTES LES VÉRITÉS SUR UNE HISTOIRE MÉCONNUE

Il est des peuples dont l’histoire se raconte à voix basse, de peur qu’elle ne se brise. Les Banyamulenge sont de ceux-là. Nichés sur les hauts plateaux du Grand Kivu (le Nord et le Sud Kivu), à l’Est de la République Démocratique du Congo, ils sont des enfants de la terre et du vent, du silence et du soupçon. Leur nom résonne comme un murmure porté par l’écho des collines, une identité forgée dans le feu du doute et de l’appartenance contestée.

UNE MÉMOIRE NOMADE

Les Banyamulenge ne sont pas nés que d’un exil ; ils sont aussi nés dans le temps long des migrations, là où les frontières n’étaient que des sentiers battus par les troupeaux. Venus du Rwanda et du Burundi, ils ont trouvé refuge sur ces hauteurs bien avant que les cartes politiques ne figent les destins. Au fil des siècles, ils ont appris à parler le langage des brumes et des vallées, à se fondre dans le paysage sans jamais totalement disparaître.

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